[Aillard] Il était une Aillard

Une fois les portes du château passées, le grand Hall permet de choisir sa direction, on y trouve toujours des serviteurs ou gardes
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Damisela

[Aillard] Il était une Aillard

Message par Damisela » jeu. 9 mai 2013 00:25

Anya Aillard 2009

L'hiver était une saison qui engourdissait tous les domaines. Pas besoin d'être des montagnes pour le constater. Sa mère avait donc jugé plus utile qu'elle se rende au domaine. Rien qui ne sorte de l'ordinaire, recevoir tel représentant, parent et même un prêtre. Un prête! Mais vu les événements qui la faisait revenir à Thendara en toute hâte, elle n'était pas mécontente de ne s'y être trouvée une décade plus tôt. Lorsque le cercle de sa sœur c'était mobilisé pour lui délivrer le message, elle en avait été abasourdie. Venant de tout autre, elle aurait volontiers cru en quelque canular, mais on ne pouvait pas mentir d'esprit à esprit. Réglant les affaires urgentes, elle était partie pour la ville, rejoindre sa mère et tenter d'éclaircir cette affaire. A peine arrivée, elle avait du se rendre à l'évidence, si sa mère n'avait pas été mandatrice du message, si elle avait été informée si tard et grâce à l'initiative de sa sœur, c'était du à l'état de sa mère. Les regards des domestiques qui l'avaient accueillirent étaient équivoques, quelque chose n'allait pas.
Ce furent Carline et Deniel qui vinrent à sa rencontre en premier.

"Anya, shaya... que sais tu de ce que tu viens trouver à Thendara?
- A quoi tu joues? s'exclama t-elle. Expliques moi pourquoi ce n'est pas ma mère qui me recoit et pourquoi vous me faites barrage!
- Je te demandes ça pour te préparer. Je ne sais pas ce que tu sais et je ne voudrais pas te causer trop de peine...
- Anya, commença Deniel, ce que veut dire ma mère, c'est qu'il c'est passé beaucoup de choses en peu de temps et certaines sont assez dure. Je crois savoir qu'Idriel t'a brièvement annoncé les disparitions du dernier bal. Mais il n'y a pas que ça. La Domna ta mère est malade. Son coeur a fait une attaque. Les leronis ont pu le faire repartir, mais elle est restée quelques minutes morte, et son cerveau a été privé d'oxygène. Il n'y a que Cassilde, Idriel, ma mère moi et maintenant toi qui le savent, mais il y a eu des séquelles. Elle n'est plus vraiment elle même. Nous donnons le change. Pour l'instant, officiellement elle se remet de son attaque, mais à vrai dire... nous attendions que tu reviennes pour savoir quoi faire. Le messager qui est parti à Valeron te trouver a du arriver après ton départ"

L'homme fort et sur de lui qu'il avait toujours était laissait une pâle image de lui même au regard des deux femmes. Carline, elle, n'était pas mieux.

"J'entends. Amenez moi la voir."

La domna Aillard était dans sa chambre. Assise sur son fauteuil elle tapotait l'accoudoir, en regardant les flammes dans l'âtre. Elle ne semblait pas s'être aperçue de leur entrée. A vrai dire, elle ne semblait s'apercevoir de rien.

"Je n'ai jamais vu ma mère dans une telle oisiveté. Murmura l'Aillard, la voix brisée tandis qu'elle s'approchait de sa mère puis s'agenouillant elle lui prit la main. Mère? Je suis là.
- Idriel? Demanda t-elle en baissant les yeux
- Non, c'est Anya. Je reviens de Valeron. Dis moi ce qu'il c'est passé.
- De quoi parles tu? Est ce que tu as étudié ta leçon? Si Carline me dit que tu t'es encore échappée avec Athénaïs je vous ferais punir toutes les deux.
- Non mère, je n'ai rien fais de la sorte..."

Ses derniers mots, Anya les avait dit après un long silence. Elle se releva et rejoignit les deux autres. Sans un mot, elle les mena jusqu'au bureau de sa mère. En silence, elle se fit servir un verre de firi, puis un autre. Ce n'est qu'après, qu'elle reprit enfin la parole.

"Expliquez moi tout."

Son ancienne nourrice et son compagnon d'enfance lui expliquèrent tout, tout ce qu'ils savaient. Tout c'était passé durant le bal, à peine la cérémonie di catena du dom Darriel achevée, qu'Aphéral avait fait son apparition. Etait-il responsable, ou seulement acteur, personne ne pouvait le dire et chacun y allait de son avis dans tout Thendara. Il avait seulement dit vouloir préserver la stabilité des domaines, protéger les seigneurs. Mais quoi qu'il en soit, en quelques instants, tout se figea dans la salle de bal. L'éclipse de lune semblait avoir figé les participants. Pour les survivants, il ne semblait s'être écoulé qu'un battement de cil, mais pour ceux à l'extérieur, près d'une heure les avant empêché de pénétrer dans la salle. Les cercles de Thendara c'étaient réunis, dans la mesure du présent, mais n'avaient rien pu y faire. Il y avait comme une barrière, une bulle, infranchissable. Lorsqu'elle éclata, tous les télépathes de la pièce avaient disparu à l'exception de ceux sur l'estrade ou le chieri brillait également par son absence. Seulement, ce figeage n'avait pas été anodin pour tous. Sur l'estrade, Aphéral avait puisé dans l'énergie des seigneurs pour les protéger de la disparition. C'était ça qui avait provoqué la crise cardiaque de la Dame de Valeron. Depuis, tout avait plus ou moins été chaos. Les disparu de la salle de bal avaient bel et bien disparu, mais de tout ténébreuse. Leurs matrices n'apparaissaient plus sur les écrans, seule la mort provoquait de pareille disparition sauf pour les gardiens, mais autant de monde ne pouvait s'être désynchronisés de sa matrice.

Anya restait pensive. Idriel lui avait parlé de l'apparition du chieri et de la disparition de convives, de l'urgence de venir à Thendara mais c'était tout. Il y avait beaucoup d'informations.

"Laissez moi le temps de décanter tout ça..."

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Re: Il était une Aillard

Message par Damisela » jeu. 9 mai 2013 20:46

"Tu n'es pas le chef ici!"

Depuis près d'une heure déjà, lu bureau faisait écho de la conversation houleuse entre Vadim et sa nièce Anya. Deux mois avaient passé depuis le solstice d'hiver et l'état de sa sœur n'allait pas mieux. La plupart des parents présents avaient été renvoyés au domaine et la présence des domestiques était limité. Vadim était venu rapidement à Thendara constater de la situation et voir ce qu'il pouvait faire de mieux pour le domaine. Il avait toujours été un soutien et un conseiller de Margalie. L'obstination d'Anya de le maintenir en dehors des décisions était absurde.

"Toi non plus petite fille. Ta mère est encore notre Dame que je sache nous n'avons pas organisé pour elle de procession jusqu'au Rhu Fead.
- Qu'à cela ne tienne, qu'est ce que ça change? Tu sais aussi bien que moi qu'elle est incapable de gouverner. Elle n'est même pas lucide la moitié de la décade. Je ne suis peut être pas la domna dans les faits, mais je le serais dans les actes.
- Je suis d'accord avec toi Anya! Mais même ta mère savait qu'un domaine aussi vaste qu'Aillard ne se gouverne pas seul. Tu as besoin d'aide!
- Tu n'as qu'à aller t'occuper des paysans et de leurs réserves de céréales. Lui jeta t-elle dédaigneusement à la figure
- Si c'est ce que tu souhaites, j'irais donc au domaine comme ton émissaire."

Sans laisser le temps à sa nièce de se dédire, il quitta la pièce. Même si elle ne l'avait pas souhaité ainsi, elle venait de lui déléguer un pouvoir... Il ne doutait pas de la compétence d'Anya à diriger le domaine. Elle était intelligente, rusée. Mais elle n'avait aucune diplomatie et se laissait souvent gouverner par sa colère et son coeur. Son départ du cercle, son choix d'épouser Yann à la place de Crysta, ce même mariage, sa répudiation, son nouveau mariage, sa relation à peine cachée étaient autant d'exemples de ses... défauts. Que n'eu choisi Idriel de rester héritière, ou Elayne eu vécu... Pourquoi avait-il fallu que ses nièces, perdent au fur et à mesure de la grandeur de Margalie?

C'est d'ailleurs ses appartements qu'il gagna à la suite. Il s'attendait à la trouver assoupie ou dans quelque lecture, en fonction de son état, mais il la trouva à rire. Il du s'avancer pour que l'invitée de retourne et qu'il puisse la reconnaître.

"Camilla! C'est une très agréable surprise que de vous voir ici!"

Un visage plaisant, un sourire et des yeux aux pâtes d’oies se tournèrent vers elle.

“S’dia shaya Vadim. Je ne suis arrivée qu’il y a quelques heures je ne peux pas vous en vouloir d’ignorer ma présence.”

Elle se leva alors vers lui tandis que la Domna Aillard les regardait avec le sourire et lui donna une accolade familiale comme de vieux amis pouvaient le faire et lui murmura à l'oreille.

“J’en avais informé Margalie, mais je ne pensais pas la trouver ainsi. Je crois que l’on me doit des explications.”

Perdant son sourire, Vadim hocha la tête.

“Peut être pourrions nous bavarder ce soir après votre repas? Je m’en retourne demain au domaine. J’aurais plaisir à passer du temps avec vous.

Il avait déjà préparé ses affaires pour partir tôt le matin lorsque le coridom introduisit la Domna Lindir auprès de lui. Seuls, ils pouvaient parler franchement. Camilla s’inquiétait de l’état de Margalie. La Dame de Valéron avait été son amie d’enfance, si elle pouvait donner le change au commun, ses proches eux, voyaient la différence. Il pouvait mentir à la plupart des gens, d’ailleurs, Anya le faisait. Mais Camilla n’était pas n’importe qui...

“Margalie ne c’est jamais véritablement remise de son attaque du solstice. Parfois elle est absente. Lorsqu’elle est là, il lui arrive d’être dans le passé. Et lorsqu’elle est elle même... elle n’est pas elle même. Pour la stabilité du domaine, après les évènements du bal, nous avons choisi de donner le change. Ce n’est pas le moment que les gens d’Aillard soient pris de panique... Je suis sur que vous comprenez.
- Je n’approuve pas, mais je comprends. Je me dois d’en informer mon héritière mais la nouvelle ne sera pas propagée plus loin, pas par nous. Mais à une condition... commença t-elle en levant la tête. Je veux rester auprès d’elle. En mémoire de notre amitié d’antan. Je n’ai plus rien à faire, Moera est tout à fait prête à assumer son futur rôle. Je suis sure que je pourrais aider Margalie, à lui rappeler qui elle est.
- J’aimerais pouvoir vous l’accorder, mais c’est ma nièce qu’il faudra convaincre. C’est un geste noble, je ne doute pas qu’il saura la toucher.”

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Message par Damisela » lun. 13 mai 2013 11:27

Camilla Lindir 2009

Quelques mois déjà qu’elle avait abdiqué en faveur de sa nièce du domaine Lindir. Désormais, elle habitait à Valéron auprès de Margalie Aillard. De l’avis même des rares domestiques qui s’occupaient de la Domna, sa présence était bénéfique, les absences moins nombreuses. Mais quelque chose clochait. Ce n’était pas l’état psychique de son amie qui l’inquiétait mais son état physique.

“Marja? Comment vas tu aujourd’hui? demanda t-elle en entrant dans le patio ou la Domna déjeunait
-S’dia shaya Camilla. Un peu fatigué, comme d’habitude. J’ai l’impression que les nuits raccourcissent.
- Ne m’en parle pas! Je n’ai jamais été aussi soulagée que depuis que j’ai déposé mon fardeau. Mais c’est vrai que tu as l’air plus fatiguée que d’habitude. Qu’en penses tu, je te monitores?
- Si ça t’amuses de faire comme quand tu étais jeunes, vas y. Lui répondit-elle en riant”

Sans se faire prier, elle sorti sa matrice. Elle était plutôt rouillée mais ce n’était pas une chose qui s’oubliait. Et puis, elle l’avait déjà fait quelques fois à Lindirhome lorsqu’il le fallait. Lentement, et au fur et à mesure, elle dressa le bilan de santé. C’était peut être une erreur d’interprétation, mais le foi, les reins, le coeur... les organes semblaient ne fonctionner qu’au minium. Mais inutile d’alarmer Margalie, elle n’était plus la Domna coriace d’avant. Heureusement, Anya était en visite.

“Tu devrais te coucher plus tôt. Tu te fais trop de soucis. Les rapports d’Anya et Valdir sont positifs non? Tu en fais trop.”

Dans l’après midi, elle aurait bien assez de temps pour aller en parler à Anya et voir ce qu’elle en pensait...

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Message par Damisela » dim. 9 juin 2013 21:28

Anya Ailard 2010

Perdre ses proches, elle en avait l’habitude, son père, ses sœurs, les gens étaient toujours tombés comme des pions dans sa vie. Son jeu de château venait de perdre sa reine, mais il ne tenait qu’à elle d’en faire une nouvelle. Sa mère c’était éteinte dans son sommeil après des décades de maladie. Elle avait cessé de lutter. Bien sur, Anya était triste. Mais la vie l’avait endurcie. Elle n’avait plus de larme à verser depuis longtemps. Serval était à Thendara, elle n’avait pas envie de sa présence. Seul Alaric la comprenait vraiment, c’est à ses côtés qu’elle était la plus forte!

C’était le lendemain du décès de la Domna Aillard. Ceux qui habitaient à côté parmi leurs parents commençaient à arriver. Ce midi ils seraient plus nombreux à table. Plus qu’hier et avant hier, elle devait donner une image d’elle forte et puissante. Ses vêtements reflétaient son deuil mais les tissus, broderies, les bijoux, reflétaient sa position et sa puissance. Ses vassaux devaient savoir qu’un nouveau cycle commencait, et qu’elle n’en attendrait pas moins d’eux que sa mère. Crysta aussi serait des leurs. A vrai dire, sa petite sœur était la seule pour qui elle s’inquiétait vraiment. Sa santé mentale n’était pas des plus stables. Au moins, l’avait-elle convaincu de quitter Thendara et de s’installer dans la maison de campagne de Valeron, à une demi journée du château. Sans l’influence de ce Rael et de ses blanchisseurs, elle redevenait elle même. Fragile, mais elle.

C’est seule qu’elle descendit dans la salle à manger. La table était dressée et les convives, en conversation pour certains, murés dans le silence pour d’autre. Un à un, elle alla leur donner l’accolade due à un parent même si cette proximité physique n’était pas vraiment à son goût. Elle s’installa ensuite à table, au bout de table comme son rang le lui autorisait. En face d’elle se trouvait Camilla Lindir. Elle n’était plus Domna Lindir régnante, mais toute de même, la politesse voulait qu’on lui en concède tout de même l’honneur dans ces circonstances. Et puis, plus loin elle était, mieux elle s’en porterait! Son oncle Valdir vint s'assoir à sa droite... Au moins, il savait à quoi s’en tenir, elle lui avait bien fait comprendre n’avoir pas besoin de lui. Il n’avait qu’à retourner s’occuper du domaine de sa femme si Caitlin voulait lui donner des responsabilités pour Kirella!

Le repas commença dans un relatif silence. Certains chuchotaient, sans doute d’autre communiquaient pas d’autre biais. Mais elle, la Domna Aillard, gardait le silence que le deuil imposait. Crysta sanglotait à sa gauche. Elle était faible. Une vraie Aillard devait se montrer stoïque en toute circonstances. C’est ainsi qu’Anya était et qu’elle le montrait. Surtout à cette Lindir. Pourquoi Camilla la regardait ainsi? De tout le repas, elle avait senti sur elle ce regard accusateur. A la fin du repas, elle n’y tint plus.

“Vous sentez vous bien Domna Camilla? Je crois percevoir un malaise. Peut être devriez vous vous reposer. Nous sommes tous éprouvé, personne ne vous tiendrait rigueur, vous qui avez accompagné les derniers moments de ma mère, de prendre du repos.”

Loin de détourner le regard, la vieille branche desséchée se redressa pour lui répondre.

“Merci beaucoup Anya de votre prévenance. Mais je préfère rester alerte, la fatigue n’est que passagère. J’ai malheureusement trop souvent pu voir que le repos n’aidait pas toujours à se remettre. Vous savez, on ne sait jamais ce qui peut nous arriver quand on baisse sa garde.
- Vous êtes trop dure avec notre monde.”

Comment osait-elle? Elle n’était plus rien, elle n’avait pas eu le courage de gouverner son domaine et l’avait laissé à d’autres. Et elle ne l'appelait même pas Domna? Et ces paroles. Que sous entendait-elle? Depuis le déclin de sa mère, Camilla s’était montré de plus en plus méfiante. Voilà qu’elle se montrait accusatrice! Et devant ses sujets qui plus est. Sous la table, elle sera le poing. Et ce petit sourire satisfait sur son visage...

“J’ai longtemps été naïve, mais j’ai appris à me méfier de tout. Personne n’est insoupçonnable de rien. Demain, les enfants s’en prendraient à leurs parents que ça ne me surprendrai pas.
-Domna, je ne vous autorise pas à parler ainsi à ma table alors que ma mère vient de nous quitter! Je comprends que vous ayez du chagrin mais ce n’est pas utile de nous accabler”

Muets de stupeurs, les autres convives les regardaient toutes deux. Que c’était-il passé pour en arriver là. Le repas semblait si morne... Et pourtant, Camilla se levait de table et sans un mot ni un regard de plus pour Anya, quittait la pièce.

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Re: Il était une Aillard

Message par Damisela » ven. 6 sept. 2013 14:00

Valdir Aillard 2010

Sur l’incitation de sa nièce, il avait regagné sa demeure. Anya ne voulait plus de lui... il s’y était préparé vu son accueil lorsque les événements avaient commencé... C’est donc à Kirella qu’avec son épouse, ils reçurent une missive venant de Lindir.

“A mes amis de Kirella.

Je suis dans le regret de vous envoyer ces quelques lignes. Je n’ai nulle preuve, seulement des impressions, voilà pourquoi ce que j’ai à dire, je ne puis le dire en public. J’ai accompagné Margalie tout du long depuis son accident jusqu’à son décès. Lorsque nous sommes rentrés à Valéron, son état c’est un temps amélioré. Puis, coïncidant avec les visites d’Anya, son corps à commencé à flancher, menant là ou nous savons. Pour moi il n’y a aucun doute, la nouvelle dame des Aillard à précipité le décès de sa mère. Au début, avant de faire le lien avec ses visites, je lui avait fait part de mon inquiétude. Elle c’est contenté de me répondre que je me faisais des idées. Que sa mère allait bien, qu’elle l’avait monitoré. Si j’avais su... Je l’ai monitoré aussi, mais j’ai cru à mon incompétence plutôt qu’au mensonge... Mais aujourd’hui, je ne peux plus me taire. Cette missive, d’autres la recevront également. Je ne peux rien faire contre la Domna Aillard, mais au moins, puis je prévenir les gens, de se défier d’elle.

Amicalement,

Camilla Lindir”

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Re: [Aillard] Il était une Aillard

Message par Damisela » jeu. 6 févr. 2014 21:42

Cassilda O’Travay 2010

Tout semblait irréel. Non, ce n’était pas possible, elle ne c’était pas levée le matin, de bonne humeur. Elle n’avait pas chanté en lavant le linge. Elle n’avait pas fait le service à table pour remplacer Irmelin... C’était une autre vie, une autre Cassilda qui avait vécu tout ça. Les larmes avaient séchés sur ses joues. Le sang avait séché sur ses mains. Toute l’histoire se déroulait encore et toujours...

Des cavaliers étaient arrivés dans l’après midi. Les Domna Camilla et Moera les avaient accueilli avec politesse comme elles le faisaient toujours. Ils se disaient envoyés par la Domna Aillard et porteurs d’un message. Mais ce n’était pas possible, ils devaient forcément mentir... Après le repas, tout le monde était allé se coucher. Elle était encore en cuisine, à laver toute la vaisselle quand elle avait entendu des cris, et encore des cris. Le courage n’avait jamais été avec elle, cette nuit là moins encore que d’habitude. Elle avait trouvé refuge dans la cave, entre deux sac de grains. Combien de temps cela avait duré? Des heures sans doute... Lorsqu’il lui avait semblé que le bruit avait cessé depuis suffisamment de temps, elle était sortie de sa cachette pour découvrir l’horreur. Partout gisaient les gens qu’elle connaissait. Ses amis, ses employeurs... Elle ne savait pas compter, mais beaucoup étaient morts. Une lame leur avait tranché la gorge ou avait fait sortir leurs entrailles... Rapidement, elle n’avait même plus eu de quoi vomir, seul le goût acre restait dans sa bouche. Il n’y avait plus de trace des cavaliers, mais tous les comyns présents étaient morts. La Domna, l’ancienne Domna, le Dom, même le laranzu en visite! Parmi les domestiques, d’autres comme elle c’étaient cachés. Visiblement, les meurtriers n’avaient rien à faire d’eux, seuls les malchanceux sur leur chemin avaient eu des problèmes. Certains n’étaient que blessés, mais au final... ils n’étaient qu’une poignée à pouvoir constater du massacre.

Prostrée contre un mur, Cassilda eu soudain une pensée qui la fit se lever et courir dans un couloir. Laure. On avait pas trouvé le corps de la fillette. Elle devait dormir dans sa chambre lors de l’attaque... Se pouvait-il que? Dans le couloir qui menait à la nurserie il y avait comme ailleurs un grand silence. Mais de trace de Laure, ni même de ses deux nourrices. Toutes les trois n’étaient plus à Lindirshome.

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Re: [Aillard] Il était une Aillard

Message par Damisela » jeu. 6 mars 2014 15:23

Gwennis Aillard Ridenow 2011

Elle se sentait toute engourdie. Son corps entier semblait réagir comme si ce n’était pas le sien. Elle voyait bien sa main gauche appuyer sur son bras droit, et pourtant, elle ne sentait que des picotements. A ses côtés, sa nièce Gizela la regardait avec un grand sourire.
“Tu ne sais pas à quel point ça me fait plaisir de te voir bouger, je veux dire, autrement que de voir de temps en temps ta poitrine se lever faiblement.
- Giz? Que se passe t-il? C’est la fièvre qui me fait me sentir toute bizarre?
- Si tu as de la fièvre, c’est qu’il fait trop chaud dans la pièce. Tu es guérie Kiya. Tu te souviens? Tu as été mise en stase quand tu étais gravement malade. Depuis 2 ans nous soignons les malades. Nous avons été des plus atteins, les mourants, vers les moins infectés. Maintenant que la maladie est presque éradiquée, nous nous occupons de ceux mis en stase. Je suis désolée du temps que cela a pris, j’aurais voulu venir plus tôt, mais... nous avons du agir en fonction du danger vital.
- Je comprends chiya. Tu n’as pas à t’en vouloir. Mais dis moi, qui sont ses on. Tu es guérisseuse à présent?
- Non, enfin pas vraiment. Les Tours ont travaillés avec les guérisseurs, le dispensaire de Thendara, les herboriste. Tout ce qui pouvait toucher de près ou de loin à la santé. C’est une longue histoire, mais nous avons du combiner nos savoir pour arriver à un remède, qui est dur et fatiguant à produire. Mais tu devrais te reposer. Tu dois mourir d’envie de bouger ou je ne sais quoi, mais ton corps n’est pas en état. Il doit se remettre. Ton esprit est peut être en effervescence, mais ton corps a besoin de se réveiller doucement.
- Si j’avais su qu’un jour se serait toi qui me ferais rester au lit avec du bouillon...”

La plaisanterie lui déclencha une quinte de toux, elle avait soif! Sa nièce lui servi un verre plus un autre. Pas plus pour l’instant. Puis s’en alla la laissant à ses réflexion et sa redécouverte des sensations. Quelque chose n’allait pas. Gizela semblait vraiment désolée de ne pas avoir pu s’occuper d’elle, alors qu’elle avait énoncé une très bonne raison. Il y avait quelque chose derrière, elle était prête à le parier...

Gwennis n’était ni faible ni forte, sa constitution avait toujours été normale. Mais il lui fallu tout de même une décade pour arriver à sortir de son lit et retrouver son manoir. Pas grand chose n’avait changé. Ysabeth n’avait pas du beaucoup venir ici. D’ailleurs, pourquoi n’était-elle pas déjà là. La Dame de Temora voulait voir sa fille unique, quoi de plus normal? Sa nièce passait la voir toutes les après midi mais elle ne lui avait rien dit de plus qu’à son éveil. Elle voulait attendre qu’elle reprenne des forces pour lui parler, confirmant ses soupçons sur quelques évènements. Et si... pourvu qu’il ne soit rien arrivé à sa fille. Si seulement pour une fois les domestiquent bavardaient! Mais sa Gizela ne devraient plus tarder à la rejoindre dans le patio et elle n’aurait plus d’autres choix que de tout lui raconter, enfin. D’ailleurs, n’était ce pas des bruits de pas qu’elle entendait?

“Kiya tu es là?
- Entre, je t’attendais
- S’dia shaya, tu as l’air en forme.
- Le temps fait son œuvre. Et en parlant de temps, il est temps que tu me racontes un peu tout ce qu’il c’est passé durant mon absence.
- Il y a beaucoup de choses, pas forcément facile à croire.
- Je ne suis plus une enfant, j’ai suffisamment attendu. Dis moi pourquoi ma fille n’est pas là.”

Gênée, Gizela n’avait pas trop le choix, il fallait se lancer à l’eau, que les chieren la rattrapent! Elle s’installa sur un fauteuil, les mains sur le coussin, jouant avec les pompons, elle prit enfin la parole.

“Il y a eu un accident, au solstice d’hiver d’il y a trois ans. Une grande partie des comyns du châteaux étaient dans la salle de bal comme à l'accoutumé. Le Chieri Apheral est apparu, semble t-il pour protéger les seigneurs. En fait, tous ceux qui dans la pièce avaient le laran ont disparu, sauf ceux sur l’estrade. Parmi les disparu... il y a ta fille. Nous ne savons pas pourquoi, ni comment. Ils ont juste disparu de la pièce, disparu des écrans de matrice. Depuis quelques temps déjà avant ce moment certaines choses avaient semblé étrange, des apparitions disparitions, mais rien d’aussi grand. Nous sommes sans nouvelles et ils ont été présumés morts.”

Gwennis était sous le choc. Elle savait que sa nièce disait la vérité, pourtant, elle aurait tant préféré croire à une farce... Elle aurait voulu demander quoi faire, ou chercher, mais depuis le temps, ils avaient du déjà tout tenter. A peine informée, elle devait se résigner! Mais en plus, à voir l’air de Gizela, ce n’était pas tout.

“Continue.
-Sur l’estrade le coup a été plus ou moins bien encaissé. Le roi a perdu peu à peu l’esprit, le don des Elhalyn aidant... Margalie elle... a fait une attaque. Sur le coup nous ne le savions pas, mais il semblerait qu’elle ai quelque peu perdu ses moyens. D’après Camilla Lindir, Anya a précipité sa son déclin. Elle est à présent la Domna des Aillard. Margalie nous a quitté. Camilla Lindir a écrit au domaine pour informer de ses soupçons sur Anya et... Tous les Lindir ont été tués. Ceux de Lindirshome et d’ailleurs. La seule personne portant le nom de Lindir encore vivante est l’héritière, enfin la fille de l’ancienne héritière, Laure, qui est maintenant la pupille d’Anya qui c’est auto-proclamée régente du domaine. Nous... avec mon père et d’autres, nous sommes en grand froid avec Anya. Ce génocide des Lindir a créé deux factions. Mais nous avons eu d’autres préoccupations jusqu’à maintenant. Tu te souviens du Chien, de ses liens avec des descendants terranan. Ces descendants ont continué de nous causer des problèmes. Certains de ces fils de terra comme ils aimaient s’appeler, facile à trouver, ont été tués dans un premier temps, les autres ont attaqué les comyns, mais surtout les tour, jusqu’à ce qu’on les arrête. Mais il y a eu des pertes. Surtout à Thendara. Le cercle d’Idriel était attaqué depuis des jours, les membres n’en pouvaient plus. A un moment, Idriel a craqué et n’a plus pu résister. Elle est morte avec certains membres de son cercle. Il ne reste plus grand monde à la tour de la capitale... Voilà, dans les grandes lignes, tu sais tout.”

Horreur, il n’y avait d’autres mots. Une larme glissait sur sa joue, perdre sa fille, puis l’annonce de tant de morts...

“Il va falloir faire du ménage. Je vais reprendre Temora en main, c’est déjà ça...”

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Re: [Aillard] Il était une Aillard

Message par Evanda » mer. 13 janv. 2016 13:29

***** Valdir Aillard 2012 *****

Était ce la géographie, ou bien la droiture de Roxana MacAllister qui les avait amené dans cette situation? Sans doute les deux. Quoi qu’il en soit, cette entrevue concrétisait une réalité. Aillard était en guerre civile. Oh les combats n’avaient pas commencés, mais la scission était consommée. Temora et Mac Allister étaient alliés et cherchaient à recruter des troupes pour parer les attaques que pourrait lancer Anya la matricide. C’était dur de convaincre les comyns, des décennies qu’il n’y avait pas eu de combats entre domaine, alors dans un même domaine... la mémoire de son grand père n’en savait rien. Mais tôt ou tard, ils devraient prendre partis, l’exemple des Lindir montrait bien … Paradoxalement, les fantassins étaient beaucoup plus facile à trouver que les généraux.

Cela faisait trois cuerres jour pour jour que tant des leurs avaient disparu et que le déclin du domaine avait été précipité. Autrefois le solstice d’hiver était festif, beaucoup plus que celui d’été même, car la politique avait plus de mal à se déplacer. Aujourd’hui, il ne leur restait que la politique, et l’amertume. Mais ce qui naissait dans ces conditions n’étaient pas toujours mauvais, Dyann et Gizela semblaient vraiment s’apprécier malgré l’écart d'âge. Sa nièce se mariait, c’est étrange, il ne l’avait plus considéré comme une femme depuis longtemps, seulement comme une tenereisteis, mais cette situation semblait l’avoir dégoûté, comment l’en blâmer?

Assis, seul à une table, Valdir se reservit un verre de firi, en regardant les jeunes empécher les époux de danser ensemble.

***** Anya Aillard 2012 *****

”Mais plus vite!”

Non ça n’allait pas du tout, des décades que cela traînait. Il avait fallu dégager une aile du château et la réaménager. Des chambres, des salles de repos de discussion, de repas, mais surtout une salle pour le cercle, une pour les relais, et une pour le bureau de la gardienne.

Anya était debout, une main dans le dos, dans la future salle de cercle et avec sa cousine, supervisait l'installation d’un écran de matrice.

“Si la contrariété influe sur mon bébé, je vais vous faire pendre par les cuyones. Ce n’est pas compliqué de suivre des consignes non? Le treillis est fait il faut juste l’installer délicatement. Cass’, occupe t’en, ou il risque de me venir le don de ma mère et je vais mettre le feu à Valeron.”

Elle quitta la pièce mais dans l’embrasure de la porte ajouta avant de partir.

“Et dit au coridom que tu as mon aval pour choisir des fauteuils et des coussins confortable pour installer le cercle.”

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Re: [Aillard] Il était une Aillard

Message par Evanda » mer. 13 janv. 2016 13:30

***** Mikhail Aillard 2013 *****

Un jour et une nuit déjà qu’ils étaient acculés, dépassés, débordés. Le peu qu’il restait des gardes de Kirella s'efforçait de maintenir fermés les portes de la salle commune. Mais ils étaient tous très fatigués. Résisteraient-ils à un nouvel assaut? Mikhail avait été surpris au début, et rapidement, la résignation l’avait gagné, et de gagné, il n’aurait que ça. Cette bataille, il le savait ne serait pas la sienne.

Anya n’était même pas là, sinon, il aurait reconnu son empreinte, mais les hommes qui les avaient attaqué étaient bien les siens, sans aucun doute possible. Ils avaient débarqué, armés, nombreux, jusque dans la cour du manoir. De tous les manoirs du domaine sans doute celui de Kirella était le moins construit pour la défense, récent, il n’avait connu que la paix. D’ordinaire, il y avait peu de gardes, mais les évènements les avaient poussés à renforcer leur garnison. Cependant, Domna Caitlin était partie avec un grand nombre d’entre eux dans les campagnes. Quelqu’un avait vendu la mèche, forcément... Comment expliquer sinon que cette attaque ai eu lieu quand justement, son propre camp était trop loin pour faire demi tour à temps?

Mikhail regardait autour de lui... Des vieillards, des gamins, ses gardes n’avaient pas vraiment fière allure. A côté d’eux, agglutinés et geignard, des paysans, des femmes. Qu’allait-il advenir d’eux?

Un grand coup contre la porte principale... Un bélier, ils avaient, enfin?, réussi à amener un bélier jusqu’à eux, ce n’était qu’une question de minutes avant que les table et les meubles en renfort de la porte ne cèdent... Une dernière pensée pour sa femme, prisonnière d’Anya et son fils Anton, et l’Aillard dégaina sa lame, fier, résolu.

***** Anya Aillard 2013 *****

A présent, elle avait trop avancé ses pions sur le plateau du jeu de château. Inutile de rester à Thendara ou elle était vulnérable, la nouvelle de l’attaque de Kirella arriverait bientôt, il fallait qu’elle soit partie avant. Surtout avec Moira sur les bras... son idiote de cousine était déjà difficile à supporter depuis le début du conflit, mais si elle apprenait que l’ordre était de ne faire aucun prisonniers parmi les comyns et les hommes armés... Elle deviendrait hystérique. Non il fallait qu’elle garde un soupçon de bienséance sinon elle devrait l’éloigner de son fils. Anton deviendrait bien assez tôt l’héritier de Kirella, le bredu de ses propres enfants, mais ce dont il avait besoin, c’était de stabilité, sinon, il ne lui servirait à rien. Et puis il y avait bien assez d’Abigael dans le registre des cousines inopportunes. Si elle continuait de la sorte, elle pourrait monter sa propre guilde des assassins.

Sur un dernier regard vers sa suite, la Domna Aillard sorti des appartements pour aller dans la cour du château, les autres devaient l’y attendre. Elle détestait attendre, il était inimaginable qu’ils n’y soient pas déjà.

***** Deniel MacGonagal 2013 *****

Il n’avait perdu que peu de personnes dans sa vie. A vrai dire, mis à part ce père qu’il n’avait que peu connu. Personne de proche n’avait disparu. Et voilà qu’après sa Domna c’était sa propre mère qui l’abandonnait. Deniel n’était pas le plus sentimental des hommes, mais tout de même. Sa mère, elle l’avait mis au monde, élevé, éduquée, elle était tout autant son mentor.

Anya l’avait autorisé à ramener le corps auprès de sa famille pour qu’ils procèdent là bas à la mise en bière. Ca n’avait pas été facile, et il avait même cru qu’elle allait le faire enfermer. Mais finalement, Alaric l’avait appuyé et il était parti, seul, tirant le catafalque dans une charrette. Rétrospectivement, il avait été fou de partir ainsi, seul sur la route part les temps actuels, surtout après s’être disputé avec sa soeur de lait, elle était... tout aussi dangereuse que les bandits qu’il aurait pu croiser par hasard sur son chemin. Mais il était arrivé dans le bourg de sa tante et ses oncles sans trop de mal.

Assis à cette table posée à même le sol de terre battue, il était bien loin du luxe du château Aillard ou de Thendara. Et pourtant, il se figurait que sa famille maternelle vivait bien pour des gens du peuple grâce au statut de sa mère. Qu’est ce que ce devait être pour les autres. Dès son arrivée, des gens, des inconnus, avaient voulu le rencontrer, mais il avait attendu la cérémonie pour le faire. Il avait droit à son deuil tout de même!

Savoir et voir, deux notions très différentes. Il savait comment elle régnait sur les gens, que ses armées n’étaient pas toutes des volontaires. Mais... ses témoignages de vieillards hagards, demandant des nouvelles de leurs petits enfants enrôlés de force, tuant au passage les parents qui s’interposaient... Comment avait-elle pu devenir si intransigeante, si dure et cruelle. Son temps chez les Hastur l’avait changé, mais... personne ne changeait autant, ce devait être à l’intérieur depuis toujours, il n’avait seulement pas pu le voir.

Anya, sa Domna plus que ne l’avait jamais été Margalie au final, n’était pas digne. Il le savait. Il savait presque tout de ses actes. Et plus il fermait les yeux, plus nombreux ils s’ajoutaient à la liste. Mais voilà, il avait vu, et ne pouvait plus les fermer.

Valéron attendait son retour d’ici quelques jours. Ça lui laissait un peu d’avance pour là ou il avait choisi d’aller. Traverser tout le domaine et rejoindre Témora....

Evanda
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Re: [Aillard] Il était une Aillard

Message par Evanda » mer. 13 janv. 2016 13:31

***** Léonie Alar 2014 *****

La soleil haut dans le ciel ne pouvait pas plus mal représenter sa vie, mais aussi bien également. Son rouge flamboyant n’était que sang. Sa lumière faisait ressortir les ténèbres qui entouraient Léonie. Il n’y avait plus que les souvenirs pour accompagner ses journées. Les souvenirs qui revenaient sans cesse la hanter, mauvais augures.

Edrik, tombé d’un arbre, ramené inerte devant elle.

Régis, son amour, son ennemis. Elle n’avait pas d’autres solutions. Les coups devenaient trop nombreux. A son âge, elle n’aurai pas survécu longtemps. C’était elle ou lui. Cela avait été si facile. Trouver du poison. Lui faire boire du firi. Elle n’avait jamais été aussi soulagée de trinquer.

Sybille... Sa soeur l’avait toujours enviée. Pourquoi auraient-ils tous été chez elle si ce n’était pour la destituer! Le feu était dévastateur. Melissa avait toujours été une fille ingrate de toute façon!

Et voilà que son époux avait préféré partir. Maudit MacAydis. Il n’avait jamais supporté être dans son ombre. Il ne servait à rien, il ne valais rien. Même pas la peine de vivre!

***** Almerya MacAllister 2014 *****

Solstice d’été, la chaleur rosissait les joues de son fils. Almerya était bercée par la chanson qu’elle lui fredonnait. Sacha était son oxygène. Dans ces temps sombres, sa grossesse lui avait permit de penser à autre chose, de s’isoler de cette guerre sans nom. Enceinte elle était protégée par les siens. Ce soir, avec la cérémonie du prénom, cette bulle éclaterait. Almerya reprendrait sa place d’héritière d’un domaine en rébellion face à son ancien suzerain... L’enfant dormait. Il fallait qu’elle se prépare.

Temora était bien plus grande qu’Isoldir et s’il n’y avait sa camériste, elle se serait peut être égarée pour arriver jusqu’à la salle de bal. Almerya venait à peine d’arriver dans la grande salle qu’un grand craquement se faisait entendre. Le tonnerre? Un Arbre était-il tombé sur le bâtiment? Alors que presque tous les invités étaient dans la salle, quelques uns en sortirent rapidement voir ce qu’il se passait. Là ou il devait y avoir le début des festivités, il n’y avait que du silence et de l’attente.

Finalement, Valdir reçu un message, c’était évident vu la pâleur soudaine de son visage.

“Nous sommes attaqués” dit-il calmement “Un aéronef a voulu incendier le manoir. Heureusement le vent l’a dévié. L’écurie est en flammes. Il nous faut circoncire le feu. Les festivités sont annulées.”

Ca ressemble aux descriptions antiques du feuglu d’après ceux qui y sont. La matière orangé qui embrase. Mais apparemment elle est quand même sensible au feu, ils n’ont pas du trouver la composition exacte mais ce n’est pas loin.

Le chef de leur troupes avait communiqué l’information à tous les responsables. Almerya redressa ses épaules. La cérémonie n’avait pas eu lieu, mais la bulle avait éclaté.

***** Bernia Alindair 2014 *****

Le bruit du catena venait de résonner dans la salle de bal de Valeron. Anya avait présidé elle même son union. C’était un honneur après tout alors même si son nouvel époux la laissait indifférente, Bernia affichait un sourire sur son visage. Cacher ses émotions et dissimuler ses pensées, elle était devenue experte dans cet art. Cela lui avait été fort utile lorsqu’elle s’était rendue chez les Tyall, demandant l’asile pour elle et sa prétendue jeune soeur. La nuit d’Ashara avait été sanglante, mais elle préférait agir plus finement. Elle avait richement payé la famille de la gamine et était partie avec elle. Devant le manoir de ces fils de Zandru, il n’avait pas été difficile de se faire admettre parmi les domestiques. Une femme telle qu’elle dégageait la noblesse et même en errance, le peuple avait du respect. Et puis il avait suffit de disparaitre en laissant la gamine. Quel malheur pour cette maison que cette maladie qui s’était répendue si vite. Aucun des maîtres de la maison n’avait survécu... Revenant au présent, elle assistait à sa propre cérémonie.

Geremy Alar n’était pas un mauvais bougre non. Il manquait juste du piquant qu’elle appréciait. Il ferait un bon époux. Sa famille était une bonne alliance pour la sienne. C’était tout. Il posa ses lèvres sur les siennes. C’était fait, elle était mariée. Finalement, elle ne serait pas la vieille fille que sa mère la prédestinait à être.

Alors qu’ils s'apprêtaient à ouvrir le bal et ses danses, Anya les retint encore un peu sur la scène pour ajouter quelques mots.

“Mes parents, mes amis. Ce soir est doublement un soir de réjouissances. Non seulement nous venons de célébrer une union qui nous ravis, mais au delà de nos terres, dans celles qui étaient auparavant les notres, nos troupes sont en train de porter un grand coup à nos ennemis. Le château de Temora brule pendant que nous allons danser!”

***** Rayna Aillard 2014 *****

“Je suis une Aillard. Une vraie... Je suis une Aillard!”

Les cris, le garde en avait l’habitude. C’était toujours comme ça les premiers temps. Puis venaient les pleurs. Et enfin le silence. Celle là était histérique. Mais au moins, elle avait de l’imagination!. Une Aillard. Si elle était vraiment une Aillard... Il s’approcha d’elle l’air moqueur au travers les barreaux de la petite ouverture sur la porte.

“Si t’étais une Aillard, la Domna elle t’aurai à côté, ou dans une chambre fermée en attendant une rançon. M’est avis que t’es une merde de voleuse qui c’est faite choper ouais! Une Aillard! Ca pue pas les Aillard.”

Terrée dans un coin de sa petite cellule, Rayna se redressa face à l’attaque.

“Je suis une Aillard! Je suis la tante de Cassilda! La mère de Maya! A qui pourrait-elle demander une rançon, mon sang est dans son camps! J’ai juste posé trop de questions. J’ai critiqué le sort des Lindir. Voilà la récompenses d’années de loyautés. Je suis une Aillard”

Son énergie refluant, elle se rassit et se prit la tête dans les mains, murmurant.

“Je suis une Aillard et je pue pas, je suis une Aillard et je pue pas...”

Haussant les épaules, le garde retourna à son poste. Elle était folle la puante. Complètement folle.

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Re: [Aillard] Il était une Aillard

Message par Evanda » mer. 13 janv. 2016 13:32

**** Dyan Aillard 2015 *****

Ils n’avaient pas senti les soldats avant qu’ils n’attaquent. Même ceux doués de laran n’avaient rien détecté. Rien! Nada, que des chervines dans le champs pour seule présence humaine. Qu’elle soit damné, ses expériences dans son cercle batard devaient être responsable de cela. Occulter les garnisons assaillantes…

Son père était pourtant un Alton, il savait se battre. Mais Dom Lorril avait du s’incliner. Aucun bain de sang. Seulement ils avaient capturé son père et si Miranda n’avait pas juré allégeance à Anya sans doute auraient-ils pris ses enfants…

Des semaines que Dyan ressasait tout ça dans sa tête. Lui aussi avait du se rentre à Valeron, ployer le genoux. Mais il était un homme. Sans doute la Domna méprisait-elle son sexe. Il n’y avait qu’à sa soeur qu’elle avait fait prêter serment sous la flamme de Hali. C’était une erreur. Il exécrait ce qu’était devenue la situation de son domaine. Tout plutôt qu’Anya Aillard…

Il avait enfin trouvé comment concillier la sécurité de sa famille, et ses convictions. Il fallait bien que quelqu’un contre Kiriel Aillard…

Je ne peux même pas compter sur ma soeur… Elhalyn est trop fragile. Ethan… sa santé ne se détériore que trop

***** Crysta Aillard 2015 *****

Elle était génée. De sa vie, elle ne s’était jamais sentie aussi mal à l’aise. Et pourtant, elle avait déjà eu des raisons de l’être! Crysta aimait profondément sa soeur. Mais il y avait quelque chose d’autre désormais.

Assis en face d’elle, à côté de leur fils qui dormait, Rhodri Ardais regardait sa femme.

“Tu te fais des idées. Carya, tu m’as souvent dit toi même que tu voyais des problèmes dans chaque ombre.
- Mais si c’était vrai? Je ne veux pas courir le risque. Ni Lotharedric ni Valentine, ni même toi n’êtes en sécurités. J’ai la certitude qu’il ne m’arrivera rien. Tout le monde sait que je ne représente plus une alternative pour Aillard. Mais il n’en va pas de même pour nos enfants. Ils peuvent encore avoir une place à jouer.
- Ne dis pas des choses comme ça. Tu es importante!
- Plus depuis…. depuis tu sais quand. Et puis, je ne sais même pas pourquoi tu m’as pardonné. Ni pourquoi tu m’écoutes encore après tout ce que j’ai pu dire sur Rael.”

Il avança sa main. La calèche était suffisamment petite pour qu’il n’en tombe pas de son siège. Il caressa le dessus de celle de sa femme.

“Ne te pose pas tant de question. Nous allons dans ma famille quelque temps. Tu pourras te reposer, loin de tout ça. Ce n’est pas le même luxe que Valeron, mais j’y ai grandi heureux. Tu verras ça te fera du bien. Quelques décades et tu retrouvera ta soeur en étant une autre femme.
- Est ce que… est ce que nous sommes obligés d’y retourner? Ne pourrait-on pas, oublier le voyage retour?”

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